Quelque part dans les Alpes françaises …

Seul, je marche vers mon affût espérant photographier quelques cerfs ou chevreuils. Avec un peu de chance je croiserai peut-être un renard ou un lièvre variable – car celui-là, je l’ai cherché durant tout l’hiver et je n’ai vu que ces traces, alors il pourrait bien faire son apparition.

LE JOUR N’EST PAS ENCORE LEVÉ

Soudainement des ombres surgissent par un chemin sur ma gauche. Elles se figent, me regardent. Pas de doute … ce sont bien des loups gris.

Deux ! Le premier disparaît immédiatement alors que le second marque une pause et me regarde probablement pour me jauger, par sûr ? Je porte mon appareil sur l’épaule néanmoins je l’attrape lentement et me mets à genoux. A ce mouvement … le loup gris fuit vers la lisière de la forêt. Finalement et par chance, il marque encore un arrêt dans l’ombre des arbres. Juste le temps d’une photo ! Je tremble ; l’image est juste ce qu’elle est, toutefois elle retranscrit bien la fébrilité dans laquelle je me trouve.

Combien de temps cela a duré ? Probablement 20 secondes tout au plus, peut-être moins …

ET APRÈS …

Je passe par une multitude de sentiments : premièrement, je tremble de tout mon corps, je n’arrive pas à réaliser ce qui vient de se passer. Je suis resté là, le coeur battant, le souffle coup, les larmes aux yeux avec la même phrase dans ma tête : « C’est pas possible ! ». Et pourtant, je sais que je n’ai pas rêvé car j’ai pris une photo.

Apres quelques jours, les émotions continuent de m’envahir à chaque fois que ces images reviennent à mon esprit. Je ne sais pas si j’aurai l’occasion de revoir ces deux loups. Quoiqu’il en soit, je mesure ma chance.

Une chose est sure : je pense que cette rencontre m’a profondément marquée en tant qu’habitant de cette planète mais également dans ma démarche photographique …

En savoir plus sur le loup gris en France :