Au début de l’automne, il est possible de rencontrer le cerf élaphe qui est plutôt discret le reste du temps.

Je voulais partager avec vous un moment qui restera longtemps gravé dans ma mémoire car ce fut une rencontre incroyable.

UN SOIR D'OCTOBRE, QUELQUE PART EN FORÊT DE RAMBOUILLET

Evitant les branches mortes pour faire le moins de bruit possible, je me dirige tranquille vers ma zone d’affut. M’enfonçant lentement dans la forêt, je passe non loin une de mes zones d’affut mais ce soir là, j’ai décidé d’aller un peu plus loin, il y a aussi une petit clairière et quelques cerfs satellite viennent. Je dépasse donc le chemin qui m’emmène au premier affut, quand dans le silence de la fin de journée retenti un brame d’une force …

Je m’arrête immédiatement, je me mets à genoux et tous les sens au aguets, j’écoute … encore un brame et puis un autre, le cerf semble même s’approcher de moi. Je ne suis qu’à une cinquantaine de metres de la première zone d’affut. Sans faire le moindre bruit ou tout geste brusque, je fais demi-tour pour m’engager sur le chemin du premier affut.

Le cerf élaphe brame toujours mais lui aussi avance lentement.

C’est un moment hors du temps, rien d’autre ne compte que l’écoute,. Faire le moindre bruit ou geste brusque pour surtout ne pas se faire répérer et déranger l’animal. Il y a lui mais potentiellement d’autres – on croise aussi des chevreuils par ici. Dès que le cerf brame, j’avance un peu plus vite. 

Arrivé à mon affût, j’ai à peine le temp de poser mon trépied qu’il se retrouve face à moi. J’ajuste mon filet de camoufflage tout en guètant le moindre de ses mouvements. Quelques réglages, j’attends qu’il brame à nouveau et je déclenche. Quelques instants plus tard, un autre cerf c’est également mis à bramer. Cela à signer la fin de ce moment magique, Le premier c’est mis en marche, peut-être avait-il trouver un candidat pour en découdre …

Je suis encore resté une bonne demi-heure sans bouger, juste à écouter … jusqu’à la nuit tombée.

RESPECTONS LA NATURE, NOUS NE SOMMES QU'INVITÉ

Au fils des années, nous sommes de plus en plus nombreux à nous lever tôt pour observer le brâme. En Ile-de-France, les forêts sont prises d’assaut le week-end. On y croise plus de photographes que de cerfs et certains brament plus fort.

Je voulais vous partager une petite anecdote. J’étais positionné, un soir d’automne, à l’affut bien tranquillement sous mon camoufflage, quand passe à quelques dizaines de mètres de moi, deux jeunes avec appareils autours du coup.

Pas de gros télé, pas de tenue de camouflage, je me dis qu’ils doivent photographier les champignons et qu’ils vont passer leur chemin – il est encore tôt et les cerfs ne sont pas encore de sortie. Et effectivement, ils passent leur chemin en discutant bien fort. Les minutes passent … puis, juste en face de moi, je vois un magnifique cerf courir entre les arbres et quelle ne fut pas ma surprise de voir mes 2 jeunes photographes courir derrière le cerf 🥺, pensant sûrement qu’il allait faire une pause et prendre la pose.Non seulement ils n’avaient aucune chance de faire une photo mais pire, ils ont dérangé un animal déjà fort sollicité durant cette période et devant même faire face à la chasse dans certains endroits.

Alors faisons attention ! De mon côté, je limite mes « sorties brâme » en évitant le plus possible les sorties le week-end et en délaissant des zones à trop forte pression. Une image ne vaudra jamais un dérangement volontaire. Je vous invite d’ailleurs à lire et à signer la chartre ifaw de la photographie animalière pour la protection de l’environnement et du bien-être animal.

Bonnes photos !